| Le 10 septembre, l’ONU avait lancé un appel international urgent en faveurd’Haïti. 108 millions de dollars étaient demandés, dont le tiers pour l’achatde nourriture. Une semaine plus tard, les agences humanitaires des NationsUnies ont déclaré que moins de 2% de cette somme avait été recueilli.
Ainsile Programme alimentaire mondial (PAM) n’a reçu qu’un million de dollars. 'Nousavons besoin de la mobilisation de la communauté internationale', aindiqué Elisabeth Byrs, la porte-parole du Bureau des Nations Unies pour lesaffaires humanitaires. Elle souligne que « la situation continue d’êtretrès grave et préoccupante ». Pour elle, le plus urgent estl’assainissement des régions dévastées et la réhabilitation de dizainesd’infrastructures sévèrement endommagées.
'Beaucoupd’écoles ayant servi d’abris temporaires doivent être évacuées et nettoyéesafin que les enfants puissent regagner leurs classes, à la rentrée, le 6octobre', a précisé Elisabeth Byrs. « On doit pouvoir réinstaller lesréfugiés dans d’autres endroits », a-t-elle ajouté.
Deson côté, le porte-parole de l’Organisation internationale pour la migration(OIM), Jean-Philippe Chauzy, a estimé à 100.000 les personnes déplacées dont50.000 sont encore dans des centres d’hébergement. 50% de ces réfugiés souffriraientde diarrhée.
Ilsemble que les différents pays préfèrent apporter de l’aide en leur propre nomplutôt que d’alimenter le fonds spécial créé par les Nation Unies. Ainsi,Washington affirme avoir amorcé la deuxième phase de son assistance à Haïti,qui consistera à fournir une assistance médicale et à prendre part aux travauxde reconstruction des infrastructures routières. La France a envoyé soixantesapeurs pompiers basés aux Antilles, dont huit médecins et infirmiers, et fournides pastilles de purification de l’eau. Un navire français a apporté de l’aidehumanitaire stockée aux Antilles, ainsi que des dons réunis par lescollectivités locales et des associations antillaises.
Des mouvements sociaux demandent des mesures pour éviter de nouvelles catastrophes
Dansune note de presse, des mouvements sociaux demandent aux autorités concernéesde prendre des mesures pour éviter de nouvelles catastrophes.
Ladégradation de l’environnement est l’une des causes de ces cyclones qui ontsauvagement balayé le pays. Cette dégradation est le résultat du choixéconomique, social, culturel et politique des classes dominantes haïtiennes,écrivent les signataires de la note. Ce choix, axé sur un mauvais système derépartition des richesses, encourage le gaspillage des ressources du payspermettant à des petits groupes de s’enrichir au détriment des populationsdémunies, estiment les organisations signataires.
Privésdes moyens nécessaires, les paysans cultivent leurs terres dans des conditionsprécaires, selon ces mouvements sociaux, qui exhortent l’Etat à s’attaquer auxracines des différents problèmes avant de penser à des « solutions cosmétiques».
LaPlate-forme des organisations haïtiennes de droits humains, le Mouvement despaysans de Papaye et la Plate-forme haïtienne pour un développement alternatif sontquelques-unes des organisations signataires de cette note.
Deson côté, la commission nationale Justice et Paix souligne que « ce sont lespopulations les plus pauvres qui ont toujours payé les conséquences de lanégligence et de la mauvaise gestion de nos décideurs ». Pour Justice et Paix, «Les récents événements tragiques survenus dans le pays montrent qu’aucun projetde réhabilitation n’a été exécuté dans les zones frappées par des cyclones ».Justice et Paix recommande donc l’ouverture d’une enquête sur lesfonctionnaires haïtiens et responsables d’organisations non gouvernementales,qui disposaient de fonds pour la réhabilitation, notamment de la ville desGonaïves, dévastée le 18 septembre 2004, par la tempête Jeanne.
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